JUSTIFICATION

               Au Burkina Faso, les conditions socio-économiques des populations sont limitatives de la satisfaction de leurs besoins élémentaires. Bien que la pauvreté reste un phénomène essentiellement rural, la pauvreté urbaine a pratiquement doublé en quelques années avec une forte détérioration des conditions de vie des ménages qui contrairement aux populations rurales ne disposent pas des ressources céréalières fournies par l'activité agricole pour satisfaire aux besoins alimentaires de leurs membres. La question de la satisfaction des besoins alimentaires constitue une difficulté majeure, notamment en ce qui concerne la population infantile. En effet de nombreux enfants sont privés d'une alimentation suffisante et équilibrée. Un nombre important d'élèves vont à l'école le ventre vide. A cause de la distance, certains y passent la journée sans bénéficier d'un vrai repas car la majorité des écoles publiques en milieu urbain ne disposent pas de cantines scolaires. Avec l'appui des partenaires au développement, de multiples efforts sont déployés par l'Etat burkinabé en vue d'améliorer les conditions de vie des enfants les plus vulnérables. Au nombre de ces actions figurent diverses formules de parrainage qui permettent d'apporter une aide matérielle aux enfants issus des communautés ou des familles les plus démunies. Cependant force est de constater que ces formules de parrainage présentent des lacunes notamment en ce qui concerne la gestion des fonds versés aux familles pour la prise en charge des orphelins et autres enfants vulnérables dont elles ont la charge. En effet, dans un contexte marqué par une pauvreté croissante et l'effritement des valeurs de solidarité traditionnelle, il arrive que l'aide financière soit utilisée à d'autres fins sans que les enfants ne puissent en profiter. C'est notamment le cas des enfants issus de familles à risques, (parents alcooliques ou irresponsables) ou des orphelins pris en charge par la famille élargie. Face à cette situation, la mise en place de cantines apparaît alors comme une formule palliative. Une aide alimentaire peut ainsi être directement apportée aux enfants les plus vulnérables, sans avoir à passer par des intermédiaires. Ces enfants peuvent ainsi accéder à une alimentation riche et variée, indispensable à leur développement harmonieux. Délivrés de la faim, ces enfants auront ainsi de meilleurs chances de réussite scolaire. En outre, mis à l'abri de l'impérieuse nécessité de gagner leur pitance quotidienne ils ne seront pas obligés d'interrompre leurs études pour travailler dans le secteur informel ou sombrer dans la délinquance juvénile.